Documentation > Effet de serre > Les GES et nous > Combien de gaz à effet de serre dans notre poubelle ?
Nous jetons chaque jour un peu plus de déchets ménagers (et ce "un peu plus" au quotidien fait rapidement "beaucoup plus" : nous avons augmenté ces déchets de 33% en 10 ans seulement, c'est considérable !) :
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| Pays |
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| France |
15.570 |
20.320 |
290 |
360 |
| Allemagne |
21.417 |
21.172 |
348 |
333 |
| Royaume Uni |
15.500 |
20.000 |
312 |
348 |
| Italie |
14.040 |
20.033 |
252 |
348 |
| Espagne |
10.100 |
18.540 |
270 |
322 |
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| Déchets putrescibles |
28,8% |
125 |
| Papier |
16,2% |
70 |
| Carton |
9,1% |
39 |
| Plastiques |
11,1% |
48 |
| Verre |
13,1% |
57 |
| Métaux |
4,1% |
18 |
| Incombustibles |
6,8% |
30 |
| Combustibles divers |
3,2% |
14 |
| Textiles |
2,6% |
11 |
| Textiles sanitaires |
3,1% |
13 |
| Complexes |
1,4% |
6 |
| Spéciaux |
0,5% |
2 |
| TOTAL (1997 ou 1998) |
100% |
434 |
Il est facile de constater que les déchets organiques ne constituent qu'une petite partie de ce que nous jetons !
Or la production et le travail de tous ces matériaux que nous finirons par jeter a consommé de l'énergie et engendré des émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, pour faire un produit en acier à partir de minerai de fer, il faut effectuer les actions suivantes, dont chacune conduit a effectivement des émissions de gaz à effet de serre :
extraire le minerai,
le transporter,
le réduire avec du charbon (c'est cette opération, faite dans un haut-fourneau, qui engendre le gros des émissions),
le purifier (à l'oxygène par exemple),
le laminer ou l'étirer,
transporter l'acier produit jusqu'à son lieu de 2è transformation (pour en faire des cannettes boisson ou des portières de voiture),
effectuer la 2è transformation,
et enfin transporter le produit fini jusqu'au magasin.
A chaque stade on peut associer des émissions, plus ou moins bien identifées. Le problème de méthode essentiel survient lorsqu'une même opération sert à plusieurs choses à la fois. Par exemple, si un bateau transporte en même temps des machines à laver et des serviettes-éponge, il faut décider d'une règle pour partager les émissions du bateau entre les éléments de la cargaison (au poids ? au volume ?), et ce n'est pas toujours évident.
Cette précaution rappelée, voici des ordres de grandeur d'émissions (en kg équivalent carbone, tous gaz à effet de serre pris en compte) liés à la production d'une tonne de matériau de base :
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| Acier à partir de minerai |
850 |
| Acier à partir de ferrailles |
300 |
| Aluminium à partir de minerai |
3.000 |
| Aluminium à partir de ferrailles d'alu |
600 |
| Verre plat |
400 |
| Verre bouteille |
120 |
| Plastique de base (polyéthylène, polystyrène, PCV, PET) |
500 à 1.600 |
| Papier-carton |
500 |
| Ciment |
250 |
Ainsi, quand nous achetons un kg d'acier d'emballage, supposé fait à partir de minerai, qui finira à la poubelle, nous serons à l'origine, au mieux, de 300 grammes équivalent carbone d'émissions si cet acier est recyclé (on voit donc que le recyclage ne signifie pas suppression de l'impact), et de 850 grammes au pire, si cet acier était neuf et n'est pas recyclé.
Mais les déchets sont à l'origine d'autres émissions :
les déchets "putrescibles" (déchets organiques, papiers et cartons pour l'essentiel) qui sont mis en décharge conduisent à des émissions de méthane en se décomposant, or le méthane est un gaz à effet de serre.
les déchets "combustibles" (plastique, papier, carton) conduisent à des émissions de CO2 lorsqu'ils sont brûlés, et pour le plastique, fait à partir de pétrole, il s'agit de carbone "fossile".
La valorisation permet cependant des économies :
il est possible de récupérer les matériaux (acier, alu, papier...), mais cette récupération nécessite des processus qui conduisent quand même à des émissions (dans le cas du papier et du carton, le bilan d'ensemble est à peu près identique à une fabrication à partir de matériaux neufs !),
il est possible de récupérer la chaleur de la combustion pour en faire de l'électricité ou du chauffage urbain,
il est possible de récupérer le méthane des déchets qui fermentent pour en faire aussi de la chaleur ou de l'électricité.
Toutefois la valoriation ou le recyclage ne rendent en aucun le fait de jeter "neutre" : il reste de très loin préférable de ne pas jeter, donc d'acheter des produits peu emballés.
En tenant compte de la proportion des diverses filières en France (décharge, incinération, avec ou sans valorisation), et en prenant des valeurs moyennes pour les émissions de gaz à effet de serre liées à la production des divers matériaux que nous jetons, voici la quantité de gaze à effet de serre que nous allons trouver dans la poubelle d'un Français moyen:
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| Déchets putrescibles |
125 |
0,17 |
21 |
| Papier - carton |
110 |
0,58 |
64 |
| Plastiques |
48 |
0,9 |
43 |
| Verre |
57 |
0,28 |
16 |
| Métaux |
18 |
0,6 |
11 |
| Autres |
76 |
0,5 |
38 |
| TOTAL |
434 |
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193 |
Il s'ensuit que notre poubelle "contient" environ 200 kg équivalent carbone par personne et par an environ soit un petit 10% des émissions moyennes par Français. Diminuer fortement la quantité de choses que nous jetons - et par voie de conséquence la quantité d'emballages que nous achetons - représente donc une marge de manoeuvre qui, sans être suffisante, n'est pas totalement ridicule dans l'ensemble.